Un triptyque pour sortir de l’errance

J’ai eu besoin d’écrire sur le thème de l’exil pour plusieurs raisons.

D’abord parce que je suis la fille d’un exilé. Mon père, juif séfarade, a du fuir son pays en 1962. Son chagrin et sa terre perdue sont le ferment de ce que je suis.

Ensuite parce que je suis une femme et en tant que telle je porte en moi une longue histoire d’oppression et de domination  et cette histoire m’a éloignée de ce que je porte en moi, m’a exilée de mon propre corps et donc d’une connaissance subtile. La parole me permet de retrouver ces espaces volés,  cette parole que l’on m’a donnée comme on donne l’hospitalité. Elle est devenue mon outil de paix et d’entente mais surtout un espace de liberté que j’espère ne jamais céder à quelques pouvoirs que ce soit.

Et pour finir je ressens la nécessité de témoigner sur notre exil à tous, passants d’ici-bas, vulnérables et en quête d’amour.

Ces trois textes sont donc chacun une variation sur ce thème.

Alger la rouge retrace la perte d’une terre promise,

La Marche des Pleureuses est une quête féminine pour la retrouver.

Le vin des mères est la bataille des femmes  pour cultiver leur propre terre ni promise, ni jurée.